L’étude profonde de la psychanalyse et de son histoire

Publié le 19 décembre 2019 par Pion Denise
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“Le rôle du psychanalyste est d’entendre le message crypté dont est porteur son patient, et de l’aider à le lire. Il doit savoir attendre, savoir se taire aussi s’il veut qu’à la fin, le patient prenne la mesure de l’insoupçonnable de sa propre vérité. “ Nous avons rencontré Antoine Verstraet, premier psychanalyste installé dans le quartier de Fives à Lille. 

 

Antoine est diplômé d’un Master 2 professionnel de psychologie clinique – psychopathologie obtenu en 2004 à l’Université Rennes 2. Il a ouvert son cabinet de psychanalyste en juin 2013 dans le quartier de Fives à Lille. Depuis plusieurs années, il est membre de l’Association pour L’Etude de la Psychanalyse et de son Histoire (ALEPH), association fondée en 1999. 

 

Antoine donne également des enseignements avec “Savoirs et clinique”, qui est une association pour la formation permanente en clinique psychanalytique. Elle offre, dans le cadre de la formation permanente, de la formation médicale continue ou à titre personnel, des enseignements sur la psychanalyse. 

Quelles ont été vos motivations pour exercer ce métier ?

 

Un psychanalyste a pour lui-même appris ce qu’une psychanalyse recèle d’inattendu concernant les croyances, les espoirs, les illusions ; il a appris que la question du souverain bien est une question fermée et qu’un sujet aura à extraire de son vouloir les faux biens, les fausses demandes comme les faux dons pour aborder d’autres questions. 

 

Décider si l’on est capable d’exercer la psychanalyse est une décision qui ne peut se prendre qu’à la fin de l’analyse. Il faut donc atteindre cette fin et s’assurer que l’analyse a fait de ce sujet un psychanalyste. Est-ce qu’elle a engendré ce désir de savoir si particulier que l’on nomme « désir de l’analyste »  et qui lui permettra d’opérer à son tour comme psychanalyste ? 

 

Comment vous êtes-vous formé à la psychanalyse ? Quel est votre parcours ?

 

On se forme à la psychanalyse d’abord en entamant une cure auprès d’un analyste. Mon analyste était Franz Kaltenbeck (il est décédé en mars 2018). Franz Kaltenbeck était un psychanalyste autrichien qui vivait en France depuis 1976 et qui avait été un élève du célèbre psychanalyste français Jacques Lacan. Il a été un des membres fondateurs d’ALEPH et c’est lui qui a créé la revue “Savoirs et clinique”.

 

Je me suis également formé à l’université de Rennes, à la faculté de psychologie. Enfin, je me suis formé au sein des associations “ALEPH” et  “Savoirs et clinique”, dont je parlais précédemment. 

 

Quels supports pédagogiques utilisez-vous pour enseigner la psychanalyse ? Quels sont les avantages de ces outils ?

 

Avec la présidente Geneviève Morel  de “Savoirs et clinique” et mes collègues, nous souhaitons être ouvert sur d’autres champs du savoir et entretenir des échanges renforcés avec des praticiens de diverses orientations psychanalytiques. Nous pensons que c’est ainsi que nous pouvons proposer une formation et un débat scientifique de qualité. Ces enseignements de psychanalyse sont absolument nécessaires à la formation des analystes.

 

Notre but est de faire face à la complexité réelle de la clinique, sans la voiler par l’opacité des concepts ou la confusion d’un faux savoir. Notre méthode est celle d’un aller-retour, du cas au concept, et du concept au cas.

 

Dans les «présentations cliniques» lors desquelles la parole est donnée à un patient, nous allons du cas au concept. Après l’entretien, mené par un psychanalyste, le cas du sujet est minutieusement construit, le fil de l’histoire est reconstitué, avec ses épisodes aigus et ses temps morts. Le symptôme du sujet, articulé dans ses propres mots, s’en dégage souvent avec une netteté qui surprend. Il donne sa cohérence formelle à une existence parfois chaotique ou errante. La logique des passages à l’acte, leur liaison à un éventuel délire s’articule au diagnostic de structure, toujours discuté à partir d’hypothèses contradictoires. Il arrive alors qu’on saisisse là, en direct, la force d’un concept qui, à la seule lecture, vous échappait depuis toujours.

 

Dans les ateliers qui accompagnent les présentations cliniques, nous réalisons un retour du concept au cas. Ils mettent en effet à l’épreuve de la transmission du cas clinique la capacité de nos concepts à saisir le réel. C’est dans ces ateliers que les enseignants introduisent les concepts fondamentaux qui permettent de saisir ce qu’il se passe lors de la présentation. 

 

Dans les ateliers sur l’enfant et la prévention du suicide, des participants exposent en atelier des cas de leur pratique, souvent institutionnelle, avec des enfants, des adolescents ou des adultes. L’enseignant commente, les autres participants évoquent leur propre expérience et discutent. D’importants articles de la clinique psychanalytique ou psychiatrique servent de contrepoint aux exposés de cas. Par l’intermédiaire d’une lecture, on soumet à une approche comparatiste diverses façons d’aborder un thème clinique : celles qu’amènent les participants, issues de leurs études ou de leur pratique, et celles qui orientent l’enseignement de la psychanalyse depuis Freud. Ainsi peut s’ébaucher un dialogue entre des personnes parlant, au départ, à partir d’expériences différentes.

 

Les séminaires théoriques sont le cadre d’une élaboration approfondie, historique et raisonnée, des concepts analytiques. Ceux-ci sont confrontés à l’actualité, et réévalués en fonction des grands problèmes contemporains qu’ils permettent de cerner.

 

Les conférences «Grandes références», complètent le triptyque clinique, pratique, théorique sur lequel repose la formation. Elles sont l’occasion d’écouter un auteur, un chercheur ou un psychanalyste nous parler de ses travaux originaux. Elles sont suivies d’un débat avec le public.

 

Quels sont vos conseils pour bien choisir sa formation en psychanalyse ?

 

Mon conseil est de se tourner vers une association ou une école de psychanalyse dans laquelle on peut apprendre la théorie, la clinique et l’histoire de la psychanalyse. Cette association ou cette école doit se concevoir comme un laboratoire de recherches, et avoir l’ambition de développer un savoir nouveau.

 

Quelles sont les bonnes raisons de se former à la psychanalyse ?

 

Le savoir psychanalytique s’adresse aussi bien aux travailleurs de la Santé mentale, psychiatres, médecins, psychologues, éducateurs, orthophonistes, psychomotriciens, assistants sociaux et infirmiers qu’aux psychanalystes, aux psychothérapeutes, aux enseignants et aux étudiants qui cherchent à comprendre et à répondre aux difficultés des personnes qu’ils rencontrent et qu’ils souhaitent aider.

 

Un grand merci à Antoine Verstraet qui nous a donné quelques informations sur son activité de psychanalyste. Si vous avez aimé cet article et que vous souhaitez en savoir plus, n’hésitez pas à faire un tour sur les sites www.aleph-savoirs-et-clinique.org et www.antoine-verstraet-psychanalyste-lille.com  !

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Publié dans: Santé & Bien-être
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