Le yoga, une voie vers la spiritualité indienne et la paix intérieure

Publié le 28 mai 2019 par Pion Denise
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Cyril Escondeur est un professeur de yoga de 40 ans qui enseigne au sein d’une association dont il est le fondateur, Eka Yoga. Il y travaille avec d’autres professeurs ainsi qu’avec des bénévoles qui interviennent pour l’aider à proposer des cours de yoga, ainsi que des ateliers et autres programmes spéciaux autour du yoga et de la spiritualité indienne.

Il enseigne le yoga depuis une douzaine d’années, une pratique qu’il a découvert en compagnie de sa mère qui pratique cette discipline depuis de nombreuses années. Outre des cours de yoga quotidiens matin, midi et soir en semaine, le centre Eka Yoga propose le weekend des ateliers, stages et programmes spéciaux dont certains sont liés à l’éveil, la spiritualité indienne et à la non-dualité, dont l’Advaita.

Pouvez-vous nous décrire votre premier contact avec le yoga, et comment celui-ci vous a changé en tant que personne?

 

J’ai participé à un premier cours de hatha yoga à l’âge de 15 ans en compagnie de ma mère qui pratique cette discipline depuis longtemps, alors que je traversais une période de crise profonde au moment de l’adolescence. Le seul souvenir que j’en ai est la conclusion selon laquelle j’étais trop “dans ma tête et dans mes problèmes” pour vraiment y trouver un intérêt quelconque mais qu’en d’autres circonstances, cette activité pourrait se révéler intéressante.

Mon premier cours de yoga pris de manière délibérée et seul s’est déroulé huit ans plus tard, pour me détendre et me ressourcer après le travail. J’ai ensuite effectué un premier séjour d’une semaine dans l’ashram de yoga Sivananda à Neuville aux Bois, près d’Orléans. En 2007, à l’âge de 28 ans, l’occasion s’est présentée d’y effectuer la formation des professeurs de yoga.

Cela m’a tellement plu que j’ai laissé tomber ma carrière de cadre dans le privé pour suivre 5 années de vie de type monastique, trois ans à Paris, puis deux ans à Madrid entrecoupées de plusieurs voyages en Inde au sein de l’organisation Sivananda.

En 2013 se sont produites des rencontres et des réalisations importantes avec des enseignants occidentaux autour de l’éveil et de la non-dualité. L’année suivante, le centre Eka Yoga que j’ai créé à Toulouse a vu le jour.
La formulation de votre question est intéressante car c’est avec la disparition progressive du sentiment d’être une personne séparée du reste du monde que les changements les plus profonds peuvent se manifester. Ces changements incluent des sentiments de plus en plus fréquents de paix, de liberté et de joie, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a plus jamais d’émotions opposées qui apparaissent parfois dans certaines situations spécifiques comme l’anxiété, la tristesse, la peur ou la colère. Ces émotions sont plus rares et apparaissent et disparaissent aussi au sein du même espace vide qui produit les sentiments “positifs” et sont vécues avec peu ou pas “d’histoires” ajoutées donc peu ou pas de souffrance ajoutée inutile.

 

Quel est le meilleur moment de la journée pour méditer selon vous, et pourquoi?

 

En Inde, traditionnellement, la période appelée Brahma Muhurta est considérée comme la plus auspicieuse ; avant le lever du soleil ou au moment du soleil. C’est non seulement la plus favorable pour méditer, mais il n’est pas vraiment possible de faire autre chose de “constructif” durant ces heures de la journée comme travailler efficacement ou prendre des décisions, etc.

A titre personnel, pendant 5 ans, j’ai vécu une vie de type monastique dans laquelle j’ai médité tous les jours à heure fixe pendant 30 minutes environ, juste après le réveil : à 6h00 du matin, ou 6h30 ou 7h00 selon l’ashram ou le centre de yoga dans lequel je me trouvais et l’heure “officielle” de la méditation. Le “but” de la méditation était de faire cesser les pensées. Parfois, il y avait l’expérience de vouloir y parvenir, parfois d’en être très très loin. C’est probablement une très bonne méthode lorsque l’on “débute” que de se fixer une heure fixe et s’y tenir, si évidemment le méditant est enclin à s’imposer une telle discipline.

Ensuite, j’ai quitté ce cadre de vie et ma compréhension s’est approfondie sous l’influence de plusieurs enseignants spirituels. J’ai réalisé que si cette période de la journée est peut-être la plus propice, on peut méditer à tout moment de la journée, quelque soit la durée, parfois même passer toute une journée à méditer. Chaque journée peut être une journée de méditation en action. Peut-on vraiment échouer ou réussir sa méditation ? Quelle différence entre le méditant et l’objet de la méditation ? Qui médite ? Pour quoi faire ? Ces questions nouvelles ont été intéressantes pendant un temps puis vient un jour où même elles s’estompent et disparaissent dans le silence de la méditation elle-même.

 

Il existe de plus en plus d’écoles, tant d’enseignants de yoga. Comment faire le bon choix?

 

La résonance et l’écoute sont les point clés. Est-ce que je me sens bien dans ce lieu avec ce professeur, pendant le cours de yoga et après le cours de yoga ? Il n’y a pas une bonne réponse pour tous. Il faut faire l’expérience par soi-même. D’une certaine manière, on ne peut pas vraiment faire de mauvais choix. La vie nous amène exactement où l’on doit être au moment où l’on doit l’être, pour la durée nécessaire. L’erreur n’est pas vraiment une erreur.

Il n’est pas interdit non plus de se poser des questions d’ordres éthiques et morales. Le / la professeur est-il là pour me faire découvrir quelque chose qui est déjà en moi pour ma propre paix intérieure ou est-il là pour frimer et/ou de se servir de sa position d’enseignant pour abuser de mon intégrité et de mon consentement psychologique, physiologique, monétaire ou sexuel ?

C’est une question que je me suis en tout cas toujours posé à titre personnel tout au long de mes rencontres avec différents professeurs de yoga et également lors de mes rencontres avec des enseignants spirituels.

Le dernier élément concerne ce que nous entendons et associons généralement au mot “yoga” en Occident. Nous pensons en règle en général au “hatha yoga” c’est-à-dire aux postures, aux exercices de respiration (pranayama) et à la méditation. Ce n’est pas faux mais lorsque l’on se plonge dans cette discipline, on constate à quelle point cette discipline est large puisqu’il y a de nombreuses autres acceptions possibles de yoga. Le “ karma yoga” ou yoga de l’action a notamment été revigoré par Swami Vivekananda à la fin du 19ème siècle, puis par Swami Sivananda au 20ème siècle. Ils donnent des éléments qui peuvent tout à fait se manifester dans la vie quotidienne et dans quelque activité qui s’apparente à du “travail”, que ce soit à la maison ou dans une entreprise, une association ou un service public. Le “jnana yoga” ou l’étude des écritures sacrées indiennes dont les Upanishads peut convenir à certains universitaires ou tempéraments très intellectuels. La “bhakti” yoga est une approche plus dévotionnelle qui peut
inclure les chants de mantras, les rites et autres pujas peut se pratiquer chez soi, dans un temple ou dans un ashram.

 

Et au cours de vos années d’enseignement, avez-vous des idées sur la manière dont les étudiants débutants peuvent éviter les blessures en yoga ?

 

D’abord, il s’agit de comprendre que le yoga n’est pas une compétition. En occident, et particulièrement dans les pays anglo-saxons semble-t-il, nous avons culturellement eu tendance à faire des classements un peu sur tout. Evidemment, cela s’est appliqué dans certains cas au yoga au fur et à mesure qu’il est passé d’une discipline occulte, douteuse voir dangereuse aux yeux des masses à une discipline de plus en plus connue et respectée. Qui est le / la meilleur prof dans le classement cette année ? Qui est le plus souple ? Qui peut tenir la posture de yoga le plus longtemps ? Qui est le plus dynamique ? etc. etc.

Une fois que l’on commence à comprendre cela, le point clé, à nouveau, encore et toujours, c’est l’écoute. C’est valable pour un débutant comme pour quelqu’un qui pratique le yoga depuis 40 ou 50 ans. Ecouter son corps, cela signifie voir où sont mes limites aujourd’hui dans tel ou tel posture. A chaque instant, quelque chose a changé dans ma physionomie, dans ma perception de moi-même de mon environnement. Quand l’écoute est vraiment développée, la différence entre moi-même et l’environnement extérieur s’estompe.

Par conséquent, petit à petit se développe le sentiment que je ne peux que respecter l’environnement extérieur à moi, car il n’est pas vraiment différent de moi. Cette approche du yoga est particulièrement soulignée dans le yoga du Cachemire qui a été popularisé en France par Jean Klein à la fin du 20ème siècle et par certains de ses élèves dont Eric Baret. A ce moment là, se produit une lente mais profonde et subtile transformation qui va bien au delà des
bienfaits physiologiques, thérapeutiques et même psychologiques. Il faut le goûter par soi-même pour sentir et comprendre. Personne d’autre ne peut le faire à votre place.

 

Se poser des questions pour opérer le bon choix

 

Ce que Cyril essaie de nous faire comprendre ici, c’est que le questionnement est important à toutes les étapes de l’apprentissage. Il faut se poser des questions en écoutant sa voix intérieure au moment de choisir par exemple son prof de yoga. Au cours des séances, s’écouter pour déterminer si l’on est en accord avec les valeurs de son enseignant. La démarche est similaire lorsque que l’on participe à des rencontres spirituelles appelées “Satsangs” dans la tradition indienne. Il s’agit d’être, en présence d’autres, à l’écoute de la vérité et de la résonance qui est déjà là en soi. Ces qualités se manifesteront ensuite lentement mais sûrement dans la vie quotidienne également.

Pour plus d’informations : https://ekayoga.fr/

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Publié dans: Sports & Loisirs
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