L’art culinaire dans l’objectif de Bertrand

Publié le 2 décembre 2019 par Pion Denise
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(en tête : Création culinaire Marie Guégan – photo © Bertrand Perret )

 

La photo, c’est aussi un métier de rencontre et de curiosité ! Le photographe est en relation avec des personnes, des métiers, des contextes très différents. Il apprend tous les jours en découvrant de nouveaux univers qu’il va devoir comprendre pour les mettre en valeur à travers ses images. Rencontre avec Bertrand Perret, photographe d’art.

 

Bertrand a travaillé vingt ans dans la communication pour le secteur culturel et pratiqué la photographie d’art en parallèle. Après avoir présenté plusieurs expositions, il a décidé il y a un an de s’installer comme photographe indépendant avec un statut d’auteur. 

 

Bertrand s’est spécialisé dans la mise en valeur de l’art de vivre. Réussir à transmettre par l’image une sensation d’harmonie, de bien-être, de plaisir et bien sûr, de beauté. Cette orientation principale se décline en cinq grands axes dans son travail : le portrait, l’architecture, l’événementiel, la photo de produits et bien sûr la photo culinaire. Il aime créer des compositions, trouver le juste équilibre de l’image et la bonne circulation du regard pour le spectateur. Tout un art !

Création culinaire Marie Guégan – photo © Bertrand Perret 

Bertrand, comment avez-vous découvert la photographie culinaire ? Comment est née votre passion ?

 

J’ai eu la chance de travailler pendant un an dans un magnifique centre de bien être : la Pensée Sauvage, qui se trouve dans la Drôme. Un lieu de ressourcement qui élabore une cuisine végétale de type gastronomique, où les produits sont choisis avec soin et les assiettes dressées artistement. C’est là que j’ai appris à travailler au contact des cuisiniers, à établir un dialogue avec eux concernant cet art du stylisme culinaire pour magnifier les ingrédients et les produits de grande qualité en cohérence avec les saisons. J’ai notamment appris à produire des images qui valorisent l’aspect naturel et sain des produits dans l’assiette. 

 

Y a-t-il des accessoires d’appareil photo spécifiques pour la photographie culinaire ? 

 

Les premiers outils restent l’oeil et le coeur : il faut aimer ce que l’on montre. Aimer les produits bruts, aimer le travail accompli par le cuisinier, aimer le jeu des couleurs, des lumières, des matières. C’est le plus important… Les accessoires techniques viennent en second plan. 

 

En ce qui me concerne, je travaille avec un trépied qui me permet d’utiliser une sensibilité très basse afin d’avoir des nuances dans toutes les valeurs (des plus claires aux plus sombres). Le temps de pause est généralement long, parfois de plusieurs secondes… 

 

Pour le choix de l’objectif, une focale entre 50 et 90 mm est bien adaptée, mais personnellement j’apprécie aussi de recourir parfois au téléobjectif qui permettra un contact très sensuel, très gourmand avec le produit, avec sa texture spécifique. Quand je le peux, et que ça correspond aux attentes de mon client, je préfère la lumière naturelle. Mais j’ai aussi de l’éclairage flash et continu de studio (proche de la lumière solaire) qui donne beaucoup de liberté pour construire une ambiance. J’utilise toujours cet éclairage avec des diffuseurs pour obtenir une lumière plus délicate. 

 

Un autre aspect très important reste le stylisme et donc tous les accessoires de cuisine, les tissus, la vaisselles, les céramiques, les couverts, les contenants que l’on va pouvoir mettre en scène. La qualité de l’image finale dépendra beaucoup du raffinement de ces accessoires, de leur style, de leur agencement… C’est là qu’un dialogue très créatif, très fertile s’établit avec le cuisinier et/ou le styliste pour que l’image corresponde au mieux à l’esthétique et à l’esprit que l’on souhaite transmettre.

 

Quels sont vos conseils et astuces pour tirer profit de la lumière naturelle en photographie culinaire ?

 

D’abord, je vais expliquer pourquoi c’est important pour moi de photographier en lumière naturelle ? En ce qui me concerne, je privilégie autant que possible ce type de lumière car j’ai un goût prononcé pour l’authenticité : montrer les choses telles qu’elles sont. Je recours le moins possible à la lumière artificielle, sauf quand les conditions techniques l’imposent où quand le commanditaire le souhaite pour créer une esthétique spécifique. 

 

Cette tendance personnelle se double aujourd’hui d’une exigence du marché : on cherche de plus en plus à montrer des produits naturels, des produits sains, des produits de saison. Le photographe doit respecter ce souci d’authenticité, et le mettre en valeur. Il aura donc recours à la lumière naturelle qui est en cohérence avec ce qui est présenté dans le plat et en cohérence avec la lumière de la saison. Par exemple, un plat de butternut avec une lumière automnale me semble assez juste. 

 

Mais la lumière naturelle peut être difficile à maîtriser : si elle est trop intense et directe, elle produit des ombres dures et des contrastes trop violents. Si elle vient de derrière, elle génère des effets de contre-jour et rend le plat moins nuancé et moins lisible. Bref il faut la dompter. Pour cela, le plus évident reste de photographier à proximité d’une ouverture (porte ou fenêtre), tout en restant abrité des rayons directs, donc mieux vaut se situer dans l’ombre d’un intérieur ou d’un abri. 

 

Ensuite, l’idéal est d’utiliser un réflecteur afin d’adoucir les ombres (une simple plaque de carton plume blanc peut suffire). La lumière sera plus homogène et les ombres moins prononcées. Lorsque l’on souhaite la présence d’un trait de lumière ou d’un reflet plus accentué, l’utilisation d’un petit miroir peut permettre de rediriger un rayon sur le plat et lui donner davantage de vie. Mais globalement le maître mot pour moi, reste la “simplicité”.

 

Quels sont les points communs et les différences entre un photographe culinaire et styliste culinaire ?

 

Le principal point commun entre un photographe et un styliste culinaire, c’est qu’ils portent toute leur attention sur l’esthétique, à la différence du cuisinier qui prend en compte d’autres paramètres essentiels liés au goût, à la température, etc. 

 

Tous deux ont pour mission de raconter une histoire, de traduire une ambiance, de répondre à une demande éditoriale ou une intention de communication. Tous deux travaillent avec des matières premières et des accessoires qu’ils vont mettre en scène pour susciter la gourmandise. 

 

En ce qui me concerne, si le cuisinier dispose de suffisamment d’accessoires, j’assure moi-même la mise en scène et la mise en lumière. En revanche, la présence du styliste devient essentielle si le client souhaite l’utilisation de décors, de fonds, de plateaux originaux et variés. En effet, on pourra trouver dans son stock d’objets chinés, des matières différentes (bois brut ou lasuré, ardoise, céramiques, etc.), des accessoires de style et d’époque divers… 

 

Cette richesse n’est souvent disponible qu’avec un spécialiste qui a passé des années à collecter ce genre d’accessoires. Quant à la spécificité du photographe, elle réside davantage dans sa capacité à utiliser la lumière et à la maîtriser pour magnifier la scène et produire l’ambiance souhaitée lors de la commande. C’est aussi lui qui construit la composition et notamment la perspective des images (qui peut être trompeuse lorsqu’on photographie de face avec un angle de 45°). C’est donc le photographe qui ajustera les éléments afin de rendre l’ensemble harmonieux et équilibré dans le cadre choisi. Pour ces deux métiers très complémentaires, une véritable compétence picturale est requise.

 

Création culinaire Félicie Toczé – photo © Bertrand Perret

 

Un grand merci à Bertrand Perret qui nous a donné quelques informations sur son activité de photographe. Si vous avez aimé cet article et que vous souhaitez en savoir plus, n’hésitez pas à faire un tour sur son site bertrandperret.com !

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