Illustrer comme on dessine sa vie 

Publié le 2 octobre 2019 par Pion Denise
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S’il y a quelques dizaines d’années il était un peu plus aisé de sortir de l’université, ou de terminer une formation pour ensuite trouver un poste dans une société, aujourd’hui les données ne sont plus du tout les mêmes. La plupart des secteurs sont enclin à une sorte de saturation ou à une demande parfois incompréhensible du tout cuit. 

Kevin Filoni en a fait l’expérience après l’obtention de son BTS en communication visuelle option multimédia au lycée technique de la Tourrache. S’il visait le cinéma d’animation, il va prendre la route de la communication, mais va rapidement se retrouver confronté à certaines réalités du monde de l’emploi. 

C’est sa toute première expérience en tant que freelancers qui va le convaincre de ce qu’il a tout ce qu’il faut pour se mettre en auto-emploi. Mais Kevin va aussi prendre une décision bien plus importante, c’est à dire se faire une bonne expérience quelques années avant de fonder sa propre entreprise. Ces domaines de compétences sont : la direction artistique, le montage photo, le montage vidéo et bien sûr l’illustration. 

Comment vivez-vous le métier d’illustrateur freelance ? Est-ce parfois difficile ? Pourquoi ?

Pendant longtemps je n’ai dessiné qu’avec mon style. C’est-à-dire quelque-chose de très technique fortement inspiré des mangas et de la culture des jeux-vidéos. Je pensais donc que trouver du travail en tant qu’illustrateur ne se ferait que par le biais du cinéma ou de la pub, en réalisant des storyboard par exemple. Mais les offres de ce type ne courent pas les rues. J’en ai donc conclu que vivre de l’illustration était difficile voire impossible. Je me suis donc concentré sur la direction artistique, le montage photo, vidéo etc. Mais ça c’était avant de travailler en agence avec des illustrateurs indépendants. Là j’ai compris que l’illustration était très recherchée. Mais rarement avec un style comme le mien. Dans les agences, la tendance est au flat design, aux illustrations vectorielles, ou au digital painting dans quelques cas plus rares. J’y ai vu une opportunité, et je m’y suis mis à fond. J’ai proposé ce service à mes clients et je suis devenu illustrateur pour les agences. Par la suite on m’a fait des demandes plus en accord avec mon style initial, et j’ai pu considérablement enrichir mon portfolio avec des projets très variés. Donc la réponse est simple. Vivre de l’illustration est possible, mais pour moi il faut avoir un style en adéquation avec la demande, au moins au début. Une fois que vous intégrez les réseaux, là vous pourrez pleinement montrer de quoi vous êtes capables et affirmer votre propre style.

 

Quels sont vos logiciels préférés ? Pourquoi ?

Photoshop ! Il y a longtemps j’aurais aussi fait la même réponse pour le logiciel que je déteste le plus. Je ne comprenais rien à ce machin tout gris, ces calques, ces options à n’en plus finir… Mais finalement j’ai dû travailler avec pour mes projets d’étudiant, et je l’ai domestiqué progressivement. J’étais bien obligé… Aujourd’hui je pense en Photoshop quand il s’agit d’une créa. Notamment parce que pour moi ce logiciel se rapproche le plus de la manière dont je procède mentalement avant de construire une illustration. J’ai vraiment l’impression que je peux tout faire avec Photoshop. Découper l’image, la sculpter, dessiner des ombres, accentuer les contrastes, créer du relief, composer… Mais d’autres diront Illustrator ou In Design, logiciels que j’adore aussi et qui sont complémentaires. Mais avec Photoshop il y a un truc en plus. J’ai tout appris avec lui, c’est un peu comme une extension de moi-même (rire). C’est bizarre je sais.

 

D’où vient votre inspiration pour créer l’identité visuelle d’une marque par exemple ?

Pour créer l’identité visuelle d’une marque il y a deux cas de figure qui reviennent souvent. Soit le client sait ce qu’il veut (au moins à peu près), soit il s’en remet complètement à vous. Dans le premier cas, l’inspiration vient du fait d’intégrer toute les indications qu’il vous donne, puis d’ajouter un petit quelque chose qui n’appartient qu’à vous, un supplément d’âme issu de votre culture, de vos expériences, de toutes les choses qui ont affinées votre créativité. On appelle ça le saut créatif.Dans le deuxième cas, il faut faire vos recherches, se nourrir de tout ce qui est disponible sur la marque : son histoire, ses valeurs, ce que font les concurrents, etc… Et ensuite, quand on a amassé suffisamment d’infos, on agglomère, et on sculpte petit à petit. Des formes, des couleurs apparaissent. De ces idées grossières, je définis en général 3 ou 4 axes distincts. Et je pousse le concept jusqu’au bout de sa logique. Vient ensuite le fameux supplément d’âme, votre petit truc à vous qui rend votre design unique.Vous me direz que les deux approches se ressemblent. Certes, mais dans la première vous avez des limites fixées par le client, alors que dans la deuxième, vous pouvez partir dans tous les sens. Vous êtes seul face à une infinité de possibilité, et toutes se valent et c’est à vous de tracer le chemin créatif et de définir les limites.

 

Quelles formations recommanderiez-vous aux jeunes qui veulent poursuivre ce métier ?

Pour les formations, c’est assez compliqué car on a souvent l’impression qu’il faut un bon diplôme d’une bonne école, qu’on aura payé 10 000 euros l’année. Ce qui est à la fois vrai et faux. Je peux parler de mon cas par exemple. J’ai obtenu le concours de Supinfocom catégorie cinéma d’animation. Le graal, dans l’inconscient collectif, pour tout illustrateur qui rêve de devenir un illustrateur reconnu. Mais pour des raisons personnelles, j’ai dû y renoncer, et avec ce renoncement, c’est mon monde tout entier qui s’est effondré. J’étais allé au bout du chemin, j’avais obtenu ces concours inaccessibles. Je pensais que tout était fini. Que je me fracassais juste avant la ligne d’arrivée. Qu’un BTS communication visuelle ne suffirait pas à me faire une place dans ce monde hyper concurrentiel. Que j’aurais au moins dû faire une licence, ou ci ou ça. Un machin qui rajouterait une ligne à mon CV, qui ferait peut-être la différence avec un autre… Et finalement l’expérience me montre que ce n’est pas les études qui comptent vraiment. Elles apportent une structure, une méthodologie, des savoirs, certes… Mais ce qui compte le plus c’est votre portfolio. Votre créativité. Et la créativité ça se travaille, et ça se travaille en permanence. Cependant, je ne vais pas éviter la question et de ce que j’ai vu, un BTS en com’ est toujours un bon moyen d’arriver à ses fins. Mais être un autodidacte passionné l’est tout autant. Après, ce point de vue vaut pour être illustrateur qui vit de son métier. Ça serait plus compliqué d’intégrer un studio comme Pixar si vous n’avez pas fait d’études en animation. Mais pour ce qui est du dessin, il faut savoir dessiner et avoir des idées. C’est déjà un bon début. Le reste, c’est à nous-même de le provoquer en ayant du courage et de la détermination. 

 

Ce qui compte pour réussir 

 

Le diplôme ne fait pas toujours l’artisan. S’il y a des domaines dans lesquels avoir un diplôme imposant est une nécessité, il va sans dire que ce qui compte le plus c’est d’avoir du talent, mais surtout de le travailler.

Pour en savoir plus : http://www.kevin-filoni.com/

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