Droit de la famille, la recherche d’issue amiable pour le bien-être des enfants

Publié le 21 février 2020 par Pion Denise
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Lorsqu’une situation familiale est critique, la justice est parfois obligée d’intervenir afin de protéger les enfants. Lorsqu’une séparation parentale survient, la justice intervient pour régir les conséquences de celle-ci sur les enfants, soit en entérinant les accords des parents, soit en tranchant sur les positions contraires. Nous avons rencontré Marie-Pierre Lazard Pourcines, avocate spécialisée en droit de la famille, au Barreau de Nice, pour échanger sur ces sujets.

 

Après des études de droit à Nice, Marie-Pierre passe l’examen d’entrée à la profession  d’avocat, à Aix en Provence, en 1995. Elle débute comme avocate collaboratrice auprès d’une brillante avocate, Brigitte Charles, qui lui a donné l’envie d’embrasser cette profession. Le cabinet étant plutôt axé sur le droit bancaire et le droit administratif, Marie-Pierre décide rapidement de s’installer à son compte, pour développer ses deux matières de prédilection, le pénal et la famille. 

 

Engagée depuis toujours au sein de sa profession, elle a été trésorière de la fédération nationale des unions de jeunes avocats, premier syndicat d’avocats, en 2004, ainsi que présidente de l’UJA de Nice, en 2003-2004 et membre du Conseil national des Barreaux de 2006 jusqu’en 2008. Aujourd’hui, Marie-Pierre est membre du conseil de l’Ordre, depuis 2019 et s’implique auprès de l’association caritative ASAMA, venant en aide à des familles très démunies, à Madagascar, et notamment dans un village de montagne, dénommé Ambohimbory.

Pourquoi avoir choisi de travailler dans le droit de la famille ?

 

Je voulais initialement être juge pour enfants, c’est pourquoi j’ai choisi de faire du droit. Pour obtenir un diplôme, permettant de passer le concours de la magistrature, bien que les études de droit étaient un peu trop carrées pour ma vision du monde. Finalement, j’ai changé d’optique, lorsque j’ai compris qu’on ne choisissait pas automatiquement sa matière,  et que l’on pouvait être déplacé comme magistrat, tandis que je voulais vivre dans ma région, et aussi exercer de manière la plus indépendante possible. 

 

Mes réticences initiales vis à vis de l’avocature sont tombées, parallèlement, lorsque j’ai réalisé qu’être avocat, ce n’était pas forcément jouer un rôle, ni mentir. Et là, est survenu mon coup de foudre professionnel pour mon maître de stage, qui a suscité ma vocation. L’humain étant mon moteur, je me suis naturellement tournée vers le pénal et la famille. Les grosses affaires correctionnelles et les dossiers d’assises que j’ai eu l’occasion de plaider ont été une expérience génératrice d’une solide expérience dans la résistance aux difficultés. Aujourd’hui, j’ai décidé de centrer mon travail sur la famille elle même, et donc, sur le droit de la famille, et de façon prioritairement amiable, pour perdre moins de temps aux audiences, obtenir des solutions négociées dans les différends familiaux, et donc proposer du sur mesure aux clients, plutôt que du prêt-à-porter judiciaire, et oeuvrer au bien être d’enfants de façon plus préventive qu’en matière pénale, pour leur éviter des souffrances liées à leurs parents en conflits, chaque fois que cela est possible.

 

Le juge, en France, n’a pas, de son côté, un temps d’écoute qualitatif à accorder aux parties. Ses décisions sont aléatoires, elles génèrent pour celui qui a perdu, un désir de revanche se traduisant souvent dans des mesquineries quotidiennes, et pour celui qui a gagné, des tracasseries d’application du jugement ou du ressentiment de la part de l’autre partie. In fine, les enfants trinquent et là, ma vocation initiale n’est pas remplie.

 

C’est pourquoi je me suis tournée très tôt vers les modes alternatifs de règlements des différends (MARDS), tels que la médiation assistée par avocats, le droit collaboratif, la négociation raisonnée, la procédure participative. Aujourd’hui, grâce à ces méthodes, je transige aisément 60 % de mes dossiers. Je voudrais, à terme, n’exercer plus que de la sorte. Lorsque je plaide, c’est que je n’ai pas pu faire autrement (client, partie, en face,  difficile), ou que le dossier est si catastrophique dans le fond, que toute recherche de solution amiable s’avèrerait impossible. (enlèvement d’enfants, violences conjugales, maltraitances, etc…).

 

Pour quelle raison avoir choisi une carrière d’avocat ?

 

J’ai choisi ce métier pour alléger les difficultés familiales, afin que les parents s’entendent mieux, et que les enfants respirent. Qu’ils soient demain des personnes plus équilibrées que prévu, en l’état des dissonances familiales rencontrées sur leurs parcours. Cela est possible, grâce à l’intervention de l’avocat pacificateur et des psychologues, auxquels j’envoie un maximum de mes clients, lorsque je parviens à les convaincre du bienfait d’un travail sur eux mêmes, ou d’un suivi de leurs enfants. 

 

Je suis très fière d’exercer ce métier, mais je peine aussi beaucoup ce faisant, du fait de la lourdeur des charges qui grèvent très injustement cette profession, ne bénéficiant par ailleurs d’aucune protection sociale, à l’inverse de nombreuses autres professions. Les avocats sont en grève actuellement, car le projet de réforme des retraites, particulièrement inique nous concernant, pourrait conduire à la fermeture de cabinets de nombre d’entre nous, et peser encore plus lourdement sur les charges des autres. Alors que nous travaillons déjà trop, pour si peu de bénéfices, au vu des études difficiles et longues suivies, de la responsabilité civile lourde encourue et des jours et heures de travail effectuées…

 

Augmenter les honoraires est plus compliqué pour une clientèle de personnes physiques, comme en droit de la famille, que pour des sociétés.

 

Sans cette vocation chevillée au corps, j’aurais peut être déjà abandonné et répondu favorablement à certaines propositions de reconversion. Il est dommage de dégoûter les jeunes de ce métier par la politique actuelle; D’affaiblir le rempart contre l’arbitraire que constitue l’avocat; De ne pas permettre à tous les citoyens de continuer, à l’avenir, à avoir accès à des avocats de proximité, pouvant vivre décemment.

 

Quelles branches du droit avez-vous choisi de pratiquer ? 

 

Titulaire du certificat de spécialité en droit de la famille, j’interviens essentiellement en cette matière, ainsi qu’en pénal de la famille (violences conjugales, non représentation d’enfant, abandon de famille), et en droit pénal élargi à la famille (agression sexuelles incestueuses ou sur mineurs, maltraitances à enfants, etc….). En matière pénale, j’interviens la plupart du temps aux côtés des victimes, car c’est plutôt de ce côté de la barre qu’est ma vocation.

 

Lorsque je plaide en défense, c’est que mon client est innocent. (sourire); Ce qui place encore plus de pression sur les épaules, car dans ce cas, la peur est plus grande, de ne pas obtenir de non lieu, de relaxe ou d’acquittement. Mais cela est largement compensé par le fait que le dossier, dans cette hypothèse, est souvent bon, malgré le rouleau compresseur de la justice auquel il y a lieu de faire face, si des poursuites sont enclenchées. 

 

Comment décririez-vous vos modalités de négociation ? 

 

Du temps à accorder. Une écoute idoine : non réactive, mais active, concentrée, non jugeante. Une identification de la communication non verbale des parties, une bonne gestion des manifestations d’humeurs. Une reformulation de ce qui a été dit, pour valider la bonne compréhension, rassurante, pour les parties.

 

Puis une identification des sujets à aborder. Une connaissance du seuil au delà duquel ne pas aller, c’est à dire une identification préalable du plan B, en cas d’échec de la négociation, pour ne pas y persister si l’on est perdant. Une prise en compte des besoins des deux parties, cachés derrière leurs positions de départ. Un respect d’une communication calme, respectueuse, positive et constructive. Une phase de brainstorming avec mise en commun des idées.Un échange de propositions réciproques plurielles, si possible, pour élargir le champ des possibles. Et des navettes de contre propositions, si besoin, respectant des concessions équivalentes réciproques, jusqu’à l’accord final.

 

Un calendrier de rendez-vous est à prévoir, lorsque la négociation ne peut se faire en un seul rendez-vous.

 

Quels sont vos engagements envers les personnes que vous représentez ?

 

Elles savent qu’elles peuvent compter sur moi, sur ma réactivité quand besoin est, sur la technicité du travail fourni, la considération humaine de leur personne, sur ma fiabilité le jour J, et ce, malgré mon emploi du temps bien chargé.

 

Un grand merci à Marie-Pierre Lazard Pourcines qui nous a donné quelques informations sur son activité d’avocate spécialisée en droit de la famille. Si vous avez aimé cet article et que vous souhaitez en savoir plus, n’hésitez pas à faire un tour sur son site lazard-avocat.com !

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Publié dans: Économies & droit
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