Avocat quoi qu’il advienne 

Publié le 19 février 2020 par Pion Denise
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Il est de ces métiers qui exigent d’avoir une expérience avérée avant de se lancer à son compte. On parle ici d’aller au-delà de l’obtention du diplôme, de s’immerger dans l’univers de la profession, d’en connaître quelques rouages essentiels avant de prétendre à une création de son entreprise personnelle. C’est ce que nous a fait comprendre Javotte de Brem, avocate à Paris depuis maintenant 10 ans. 

 

“Après quelques années à Paris, je suis partie m’installer à Lyon, où j’ai été bien accueillie. J’ai commencé à me faire une clientèle grâce aux permanences garde à vue, comparution immédiate ou encore instruction. Ensuite, il a fallu se faire connaître, de bouche à oreille, notamment en détention”, dit-elle.

 

Mais elle nous fait aussi savoir qu’elle a toujours désiré exercer ce métier. Même si aujourd’hui elle se rend compte que la réalité dépasse la fiction, être avocat a toujours été son rêve. “…je défends, en général, plus souvent les prévenus/accusés/mis en examen que les parties civiles. Il ne s’agit pas d’adhérer à ce qu’ils ont commis, mais de donner une voix à des gens souvent dépasser par la vie, leur personnalité et leurs actes”, explique t-elle.

 

Quelles sont vos méthodes pour créer et établir une relation de confiance avec vos clients ?

 

Il faut toujours montrer au client qu’on ne l’oublie pas. Il est parfois très seul. Nous sommes, dans ce cas, son unique “allié”. En général, je ne brusque pas le client au premier contact, en lui demandant de bute en blanc, s’il est coupable des faits qu’on lui reproche ou pas, surtout si je vois qu’il n’a pas reconnu les faits auparavant, par exemple pendant la garde à vue. Je m’attache surtout au dossier.

 

Imaginez devoir tout “déballer”, parfois des éléments intimes, à une personne que vous n’avez jamais vue, dès la première rencontre. C’est difficile. Il faut pouvoir y aller doucement, et laisser les gens venir à soi.

Toutefois, dans certaines procédures, lorsque l’on est commis d’office, comme lors de la comparution immédiate, nous n’avons malheureusement pas le temps de mettre en place cette relation de confiance. Dans ce cas, il faut faire vite et être assez direct avec le client.

Il faut l’avertir de ce qu’il y a dans le dossier, et lui expliquer son intérêt à maintenir ou non sa version.

 

Quels sont les outils que vous utilisez pour gérer votre cabinet ? Quels sont les rôles et atouts de ces outils ?

 

J’avoue que mon outil préféré c’est le papier et le crayon. C’est très “old school” pour une femme de mon âge, mais je trouve cela pratique. Surtout quand je vais visiter mes clients en détention. Je prends des notes de tous mes rendez-vous sur papier.

Cependant, je scanne le document ensuite. Sinon je fais tout toute seule. Je n’ai ni secrétaire, ni comptable. Je me débrouille avec mon ordinateur et ma cervelle, même si ce n’est pas toujours facile…

 

Quels sont les recours que vous conseillez lorsqu’une personne est placée en détention provisoire ?

 

Lorsqu’une personne est placée en détention provisoire, on peut déjà faire appel de la décision qui a ordonné ce placement. Sinon, tout au long de la procédure, on peut formuler des demandes de mise en liberté.

Dans ces cas là, il est toujours préférable d’avoir des éléments de personnalité pour étayer la demande. C’est ce qu’on appelle les garanties de représentation (logement, travail, cautionnement…).

Mais nous ne sommes pas magicien. Si le client a reconnu des faits graves, il est fort probable qu’il soit maintenu en détention.

Les juges ne jouent pas toujours le jeu de la détention provisoire. Celle-ci est censée être l’exception. Le dernier rempart lorsque le mis en examen ou le prévenu n’est pas digne de confiance, et qu’on soupçonne qu’il fuit ou réitère l’infraction.

En pratique, on a souvent l’impression que l’on place quelqu’un en détention provisoire pour qu’il commence à exécuter sa future peine, malmenant ainsi la présomption d’innocence.

 

En quoi consiste l’abus de bien sociaux en droit des affaires ? Quelles sont les caractéristiques de cette infraction ?

 

Très crûment, et pour faire simple, l’abus de bien sociaux est le fait d’utiliser l’argent (ou les biens) d’une société pour son compte personnel. Il faut que cet usage soit contraire à l’intérêt de ladite société. Par exemple, j’achète un ordinateur pour mon domicile avec la carte bleue de la société. 

Il faut bien comprendre que la société est une personne (morale) bien distincte du gérant, personne physique. Elle a son propre argent, et on ne peut pas s’en servir sans en justifier.

Ce n’est pas du tout pareil avec les professions libérales, comme les médecins, avocats, kinés, qui eux, n’ont pas de société. Ainsi, l’argent qu’ils rentrent dans le cadre de leur activité professionnelle est directement liée à leur propre personne. Ils peuvent donc l’utiliser comme bon leur semble.

La particularité de cette infraction est qu’elle est dite “occulte”, “cachée”, ce qui a une influence sur le point de départ de son délai de prescription. Je m’explique.

Il a longtemps été dit, à tort, que l’ABS était un délit imprescriptible. C’était faux. En réalité, le délai de prescription de ce délit était de 3 ans, mais il ne démarrait, non pas à partir de la commission de l’infraction, mais à partir du moment où les faits cachés que sont l’ABS, étaient mis à jour. Cela avait pour effet de donner l’impression que le délai de prescription était plus long que 3 ans. Aujourd’hui, le délai de prescription des délits est passé à 6 ans.

Et depuis 2017, l’article 9-1 du Code de procédure pénale impose un délai ultime de 12 ans, au delà duquel, les poursuites à l’encontre des ces infractions occultes ne pourront plus s’exercer.  

 

Un grand merci à Javotte de Brem qui nous a donné quelques informations sur son activité de professeur d’avocate. Si vous avez aimé cet article et que vous souhaitez en savoir plus, n’hésitez pas à faire un tour sur son site jmbavocat.fr !

 

 

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Publié dans: Économies & droit
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